‹ Théatre de GoetheChapitre 374 sur 382 · SCÈNE V EUGÉNIE, LA MAITRESSE DE LA COUR · texte numérisé non relu

SCÈNE V EUGÉNIE, LA MAITRESSE DE LA COUR

Comment, une main suprême? De qui parle cette femme hypocrite? De Dieu? mais la divinité ne peut être mêlée dans :iitel toifait. Du roi?... il est vrai, je dois subir ce (pi'il a ; louoncé contre moi; mais je ne veux plus demeurer dans le i! ute, flotter entre la crainte et l'espérance, et, comme une ■ aime ordinaire, céder aux sentiments pu^illatlime> dt- mon Eur Qu'il se brise, s'il le faut; je demande à von- cette i'iille, quand même elle contiendrait l'arrêt de mu mort

signé du roi ou de mon père lui-même. Je veux regarder en face la divinilé irritée qui m'écrase de sa colère. Oh ' que n ■ suis-je en sa pré.scnce' Le dernier rcg ud de rnuiocence opprimée est foudroyant!

LA MAÎTRESSE DE LA COUR

Je ne te l'ai jamais refusée, prends-la.

EDGÉME, jetant les yeux sur le papier.

Tel est le sort singulier des hommes, qu'au milieu de leurs plus grands maux, ils craignent loujouis pour l'avenir des maux plus grands encore. Sommes-nous donc si riches, grands dieux, que vous ne puissiez tout nous ravir d'un sfi 1 coup? Ce papier, qui a déjà détruit tout le hoidieur de nu vie, me fait redouter encore des angoisses plus terribles. (Eiiu le déplie.) l'reiids courage, mon cœur, et ne crains pas do boire le peu qui reste au fond de cette coupe amère. (Elle regarde le papier) La niait» et le cachet du roi!

LA MAÎTRESSE DE LA COUR, reprenant la feuille.

En pleurant sur ton sort, plains-moi, ma chère enfant; je ne me suis imposé ce triste devoir, je n'e.xécute les ordres de la toute-puissance, que pour pouvoir t'assi>ter dans ton malheur et ne pas t'abaudonner à des mains étrangères. Tu sauras dans la suite tout ce que souffre mon âme et tout ce que je connais de ce terrible secret. Pardonne-moi si mainteniait la main de fer de lu nécessité m'oblige à l'embarquer avec moi sans délai.

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