‹ Théatre de GoetheChapitre 40 sur 382 · SCÈNE II · texte numérisé non relu

SCÈNE II

THOAS, seul.

Une terrible colère s'allume clans mon sein, contre elle d'abord, que je regardais comme si pure, ensuite contre moi (juij par mon indulgence et ma bonté, la formai à la trahison. L'domme s'habitue aisément à l'esclavaiie et apprend sans peine à obéir quand on lui enlève sa liberté tout entière. Oui, si elle fût tombée dans les mains sauvages de mes aïeux, et que le courroux du ciel l'eût épargnée, elle eût été joyeuse de se sauver toute seule; et, reconnaissante, elle eût versé le sang étranger devant l'autel, et appelé devoir ce qui était nécessité. Aujourd'hui ma bonté fait naître dans son sein un vœu téméraire; vainement jespérais me l'attacher; l'Ile pense à s'assurer un destin iuLlépendant de moi. Ses flattorie^ lui ont gagné mon cœur; maintenant que j'y résiste, elle cherche, par la ruse et la fourberie, à se frayer un chemin pour me fuir, et mes bontés ne sont plus à ses yeux qu'un bien méprisable et suranné.

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