‹ Théatre de GoetheChapitre 56 sur 382 · JETTE U · texte numérisé non relu

JETTE U

Celui-là, il ne faut pas l'onblier. C'est un vrai rempart: je crois, en bonne foi, lorsque j'y pense, que si l'on était caché derrière lui, le diable ne serait pas capabl-*" de venir vous eu tirer. A Guillaume d'Orange! vivat]

TODS.

Vivat! vivat!

SŒST.

Et toi, mon vieux, porte une santé à ton tour.

nDYSUM.

Aux vieux soldats ! à tons les soldats ! Vive la guerre!

70 EGMONT

BUYCR.

Biavo, mon vieux! A tous les soldats! Yivc la guérie !

JETTER

La guerre! la guerre! Savez-vous bien ce que vous dites? Que ce mot vous vienne nafureUimetit à la bouche, ça se conçoit; mais de dire à quel point il nous révolte, nous autres, c'est ce qui me serait impossible. Toute l'année le tambour dans les oreilles; point d'autres discours que ceux-ci : Un bataillon (de par ici, un autre par là ; ils ont passé par la colline et se sont arrêtés près du moulin ; là il en est resié tant, tant ici; ils en sont venus aux mains, et l'un a gagné, l'autre a perdu, sans que de vos jours vous sacliiez ce qu'on a gagné ni ce qu'on a perdu; une ville a été prise; on a égorgé tous les bouriiCûis; voici comme on a traité les malheuieuses femmes, les pauvres petits enfants. Pas un moment de repos ; "les angoisses!... A chaque instant on se dit ; a Ils viennent! il va nous en arriver autant. »

C'est ponr cela qu'un bourgeois doit être exercé aux armes.

JETTER

Oui, qu'il aille s'exercer, celui qui a une femme et des enfants! Pourtant j'aime encore mieux entendre parler des soldats que d'en voir.

BDYCK.

Je pourrais prendre cela en mauvaise part.

JETTER

Ce n'est pas pour vous que je le dis, mon compatriote; c'est pour les garnisons espagnoles... Ah! quand nous avong vu leurs talons, nous avons respiré.

SŒST.

N'est-ce pas? Ils t'étaient furieusement à charge?

JETTER

Allons, des plaisanteries !

SŒST.

Ils avaient de rudes cantonnements chez toi.

JETTEB.

Tais ta gueule.

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