‹ Théatre de GoetheChapitre 69 sur 382 · ACTE II · texte numérisé non relu

ACTE II

servent au\ révoltés de prétexte, et ils attirent sur le pays les ()lus grands mallieurs.

Arrive Sœst.

SŒST.

Bonjour, messieurs! Qu'y a-t-il de nouveau? est-il vrai que ces briseurs d'images marchent droit ici ?

LE CHARPENTIER

Ici, ils ne toucheront à rien.

SŒST.

11 est entré chez moi un soldat qui venait acheter du tabac. Je l'ai fait causer. La gouvernante, si prudente et si sage qu'elle soit d'habitude, est, pour le coup, tout hors d'elle. 11 faut que ce soit diablement sérieux pour qu'elle ait couru si vite se retrancher derrière sa garde. La citadelle est garnie de troupes. On dit même qu'elle veut quitter la ville.

LE CHARPENTIER

Qu'elle n'aille pas faire cela : sa présence nous protège, et nous la défendrons mieux qne les moustaches qui l'environnent. Si elle mainlienLnos droits et nos libertés, nous la porterons en lriom[)he.

Arrive un fabricant de savon.

LE FAItRîCANT DE SAVON.

Vilaines affaires ! méchantes affaires 1 11 y a de l'agitation ; ça va mal ! — Gardez-vous de rester en place, qu'on ne vous prenne pas pour des rebelles.

SŒST.

Voici venir les sept sages de la Grèce !

LE FABRICANT DE SAVON

Je sais qu'il y en a beaucoup qui entretiennent des rapports secrets avec les calvinistes, qui maudissent les évèques el n'ont aucun respect pour le roi ; mais un fidèle sujet, uii vrai catholique...

Arriveni polit à petit toutes sortes de gens qui s'assemblent autour d'eux et écoutent.

VANSEN, s'approchant.

Je vous salue, messieurs! Quoi de nouveau?

88 EGMONT

LE CIIA.RPENTIKR.

Ne vous fiez pas à hii, c'esl un mauvais drôle

JETTER

N'est-ce pas le secrétaire du docteur Wiets?

LE CHARI'ENTIER.

11 a eu plus d'un maître. 11 a d'abord été scribe, et comm^ tous ses maîtres l'oal succes^lvenieut cliassé |)oiir cause de friponnerie, il tiaiicliedu nolairc et de l'avocat. Vrai pilier de cabaret.

La foule augmente, des groupes se forment. VANSEiN.

Vous voici réunis; concertez-vous : parler ne nuit jamais.

SŒST.

C'est mon avis.

VANSEN.

Eh bien ! si l'un de vous avait du cœur, si l'un de vous avait, en outre, un peu de tête, ce serait là une belle occasion de secouer le joug espagnol.

SŒST.

Messieurs, ne parlez pas ainsi. Nous avons prêté serment au roi.

VANSEN.

Et le roi à nous : faitcs-y attention.

JETTER

Bien parlé ! Dites un peu votre opinion,

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