‹ Théatre de GoetheChapitre 92 sur 382 · ACTE m. il · texte numérisé non relu

ACTE m. il

CLAIRE

EnsiLte la comparaisoi n'est plus juste.

Comment?

CLAIRE

C'est que, n'ayant pris aucune peine pour l'obtenir, je ne le mérite pas.

EGMONT

En amour, c'est (out une autre affaire. C'est précisément parce que tu ne l'as pas recherché que tu le mérites. Et ceuxlà l'obtiennent le plus tôt qui s'en inquiètent le moins.

CLAIRE

Est-ce d'après toi que tu dis cela? Aurais-tu fait cetle fière remarque sur toi-même, toi qui es aimé de tout le peuple?

EGMONT

Oh! si j'avais fait quelque chose peureux! si je pouvais les servir en quelque chose!... C'est pure bonne volonté s'ils m'aiment.

CLAIRE

Tu as sûrement été chez la gouvernante aujourd'hui?

EGMO.NT.

Oui, j'ai été chez elle.

CLAIRE

Es-tu bien avpc elle?

EGMOiST.

On le dirait. Nous avons des attentions l'un pour l'autre.

CLAIRE

Et dans le fond?

Moi, je lui veux du bien. Chacun a ses vues particulières; mais Cela ne fait rien à la chose. C'est une bonne personne, qui connaît bien son monde, et serait douée d'assez de péné- Iralion si elle n'était pas soupçonneuse. Je lui donne bien de l'occupaiion, parce que derrière ma conduite elle cherche toujours des mystères, et qu'il n'y en a aucun.

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