ACTE II, SCENE I
J'affectois à tes yeux une fausse fierté :
De toy dépend ma joye et ma félicité.
De ma sanglante mort ta mort sera suivie :
Quel fruit de tant de soins que j'ay pris pour ta vie!
Tu soupires enfin, et semblés te troubler.
Achevé, parle.
Bajazet.
O Ciel! que ne puis-je parler!
Roxane.
Quoy donc ! que dites-vous? et que viens-je d'entendre ? Vous avez des secrets que je ne puis apprendre? Quoy! de vos sentimens je ne puis m'éclaircir?
Bajazet.
Madame, encore un coup, c'est à vous de choisir. Daignez m'ouvrir au trône un chemin légitime, Ou bien, me voilà prest, prenez vostre victime.
Roxane.
Ah ! c'en est trop enfin, tu seras satisfait. Hola ! gardes, qu'on vienne.