BAJAZET, ATALIDE
Bajazet.
Hé bien ! c'est maintenant qu'il faut que je vous laisse. Le Ciel punit ma feinte et confond vostre adresse. Rien ne m'a pu parer contre ses derniers coups; Il falloit ou mourir, ou n'estre plus à vous. Dequoy nous a servi cette indigne contrainte? Je meurs plus tard : voilà tout le fruit de ma feinte. Je vous l'avois prédit; mais vous l'avez voulu : J'ay reculé vos pleurs autant que je Pay pu.
Belle Atalide, au nom de cette complaisance, Daignez de la sultane éviter la présente.
Vos pleurs vous trahiroient, cachez-les à ses yeux, Et ne prolongez point de dangereux adieux.
Atalide.
Non, Seigneur. Vos b'ontez pour une infortunée Ont assez disputé contre la destinée.
Il vous en couste trop pour vouloir m'épargner: Il faut vous rendre; il faut me quitter, et régner.
Vous quitter?
Atalide.
Je le veux. Je me suis consultée.
De mille soins jaloux jusqu'alors agitée,