‹ Théàtre de Jean RacineChapitre 162 sur 211 · SCENE III · texte numérisé non relu

SCENE III

MONIME, PHARNACE, XIPHARÉS.

Pharnace.

Jusques à quand, Madame, attendrez-vous mon père? Des témoins de sa mort viennent à tous momens Condamner vostre doute et vos retardemens.

Venez, fuyez l'aspect de ce climat sauvage, Qui ne parle à vos yeux que d'un triste esclavage. Un peuple obéissant vous attend à genoux, Sous un ciel plus heureux et plus digne de vous. Le Pont vous reconnoist dés long-temps pour sa reine, Vous en portez encor la marque souveraine ; Et ce bandeau royal fut mis sur vostre front Comme un gage asseuré de l'empire de Pont.

Maistre de cet Estât que mon père me laisse , Madame, c'est à moy d'accomplir sa promesse. Mais il faut, croyez-moy, sans attendre plus tard, Ainsi que nostre hymen, presser nostre départ. Nos interests communs et mon cœur le demandent ; Prests à vous recevoir, mes vaisseaux vous attendent, Et du pié de l'autel vous y pouvez monter, Souveraine des mers qui vous doivent porter.

Monime.

Seigneur, tant de bontez ont lieu de me confondre. Mais, puisque le temps presse et qu'il faut vous répondre, Puis-je, laissant la feinte et les déguisemens, Vous découvrir icy mes secrets sentimens ?

Pharnace.

Vous pouvez tout.

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