SCENE IV
ANTIOCHUS, ARSACE
Antiochus.
Ne me trompay-je point? L'ay-je bien entendue? Que je me garde, moy, de paroistre à sa veuë? Je m'en garderày bien. Et ne partois-je pas, Si Titus malgré moy n'eust arresté mes pas?
Sans doute il faut partir. Continuons, Arsace. Elle croit m'affliger : sa haine me fait grâce. Tu me voyois tantost inquiet, égaré; Je partois amoureux, jaloux, désespéré.
Et maintenant, Arsace, après cette défence, Je partiray peut-estre avec indifférence.
Arsace.
Moins que jamais, Seigneur, il faut vous éloigner.
Antiochus.
Moy, je demeureray pour me voir dédaigner ?
Des froideurs de Titus je seray responsable ? Je me verray puni parce qu'il est coupable ?
Avec quelle injustice et quelle indignité Elle doute à mes yeux de ma sincérité !
Titus l'aime, dit-elle, et moy je l'ay trahie. L'ingrate I m'accuser de cette perfidie!