‹ Théàtre de Jean RacineChapitre 71 sur 211 · ACTE II, SCENE III · texte numérisé non relu

ACTE II, SCENE III

CHICANNEAU, ISABELLE, L'INTIMÉ.

Ouy! je suis donc un sot, un voleur, à son conte! Un sergent s'est chargé de la remercier, Et je luy vais servir un plat de mon mestier. Je serois bien fâché que ce fust à refaire, Ny qu'elle m'envoyast assigner la première.

Mais un homme icy parle à ma fille. Comment!

Elle lit un billet? Ah! c'est de quelque amant! Approchons.

Isabelle.

Tout de bon, ton maistre est-il sincère?

Le croiray-je?

L'Intimé.

Il ne dort non plus que vostre père, (Apercevant Chicanneau.) Il se tourmente. Il vous... fera voir aujourd'huy Que Ton ne gagne rien à plaider contre luy.

Isabelle.

C'est mon père ! Vraiment, vous leur pouvez apprendre Que, si l'onnous poursuit, nous sçaurons nous défendre. Tenez, voilà le cas qu'on fait de vostre exploit.

Chicanneau.

Comment! c'est un exploit que ma fille lisoit! Ah ! tu seras un jour l'honneur de ta famille. Tu défendras ton bien. Vien,mon sang, vien, ma fille. Va, je t'acheteray le Praticien françois.

Mais, diantre, il ne faut pas déchirer les exploits.

ne LES PLAIDEURS

Isabelle.

Au moins dites-leur bien que je ne les crains guère : Ils n\£ feront plaisir; je les mets à pis faire.

Hé! ne te fâche point.

Isabelle.

Adieu, Monsieur.

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