‹ Théàtre de Jean RacineChapitre 74 sur 211 · ACTE II, SCENE IV nB · texte numérisé non relu

ACTE II, SCENE IV nB

L'Intimé.

Vous estes trop honneste.

Vous me le paîrez bien.

Chicanneau.

Oh! tu me romps la teste.

Tien, voilà ton paîment.

L'Intimé.

Un soufflet! Ecrivons.

Lequel Hierosme, après plusieurs rebellions, Auroit atteint, frapé, moy sergent, à la joue, Et fait tomber d'un coup mon chapeau dans la boue.

Ajoute cela.

L'Intimé. f

Bon, c'est de l'argent contant : //* &«♦*/#** «~ / J'en avois bien besoin. Et, de ce non contenv^ Auroit avec le pied réitéré. Courage !

Outre plus, le susdit seroit venu, de rage, Pour lacérer ledit présent procès verbal.

Allons, mon cher Monsieur, cela ne va pas mal. Ne vous relâchez point.

Chicanneau.

Coquin !

L'Intimé.

Ne vous déplaise.

Quelques coups de baston, et je suis à mon aise.

Chicanneau.

Ouy-dà! Je verray bien s'il est sergent.

L'Intimé, en posture d'écrire.

Tostdonc, Frappez : j'ay quatre enfans à nourrir.

Racine. II. ■*

n 4 LES PLAIDEURS

Chicanneau.

Ah! pardon!

Monsieur, pour un sergent je ne pouvois vous prendre; Mais le plus habile homme enfin peut se méprendre. Je sçauray reparer ce soupçon outrageant.

Ouy, vous estes sergent, Monsieur, et tres-sergent. Touchez là. Vos pareils sont gens que je révère, Et j'ay toujours esté nourri par feu mon père Dans la crainte de Dieu, Monsieur, et des sergens.

L'Intimé.

Non, à si bon marché Ton ne bat point les gens.

Chicanneau.

Monsieur, point de procès!

L'Intimé.

Serviteur! Contumace, Baston levé, soufflet, coup de pied. Ah !

Chicanneau.

De grâce, Rendez-les-moy plûtost.

L'Intimé.

Suffit qu'ils soient receus.

Je ne les voudrois pas donner pour mille écus.

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