‹ Théâtre de Jean Racine, pubChapitre 143 sur 225 · ACTE III, SCENE VI · texte numérisé non relu

ACTE III, SCENE VI

Son fils seul avec moy réservé pour les fers. Mais que ne peut un fils? Je respire, je sers. J'ay fait plus : je me suis quelquefois consolée Qu'icy plùtost qu'ailleurs le sort m'eût exilée; Qu'heureux dans son malheur, le fils de tant de rois. Puis qu'il devoit servir, fut tombé sous vos lois; J'av cru que sa prison deviendroit son azile. Jadis Priam soumis fut respecté d'Achille : J'attendois de son fils encor plus de bonté. Pardonne, cher Hector, à ma crédulité : Je n'ay pu soupçonner ton ennemi d'un crime; Malgré luj-même enfin je l'ay crû magnanime. Ah! s'il l'estoit assez pour nous laisser du moins Au tombeau qu'à ta cendre ont élevé mes soins, Et que, finissant là sa haine et nos misères. Il ne separast point des dépouilles si chères!

Pyrrhus.

Va m'attendre, Phœnix.

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