‹ Théâtre de Jean Racine, pubChapitre 161 sur 225 · ACTE V, SCENE I · texte numérisé non relu

ACTE V, SCENE I

Il pense voir en pleurs dissiper cet orage;

Il croit que, toujours foible et d'un cœur incertain.

Je pareray d'un bras les coups de l'autre main :

Il juge encor de moy par mes bontez passées.

Mais plûtost le perfide a bien d'autres pensées.

Triomphant dans le temple, il ne s'informe pas

Si l'on souhaite ailleurs sa vie ou son trépas :

Il me laisse, l'ingrat ! cet embarras funeste.

Non, non, encore un coup, laissons agir Oreste.

Qu'il meure, puis qu'enfin il a dû le prévoir,

Et puis qu'il m'a forcée enfin à le vouloir.

A le vouloir? Hé quoy ! c'est donc moy qui l'ordonne?

Sa mort sera l'effet de l'amour d'Hermione?

Ce prince, dont mon cœur se faisoit autrefois

Avec tant de plaisir redire les exploits,

A qui même en secret je m'estois destinée.

Avant qu'on eût conclu ce fatal hymenée,

Je n'ay donc traversé tant de mers, tant d'Estats,

Que pour venir si loin préparer son trépas?

L'assassiner, le perdre! Ah! devant qu'il expire

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