AGRIPPINE, BRITANNICUS, NARCISSE, ALBINE
Agrippine.
Ail! Prince, où courez-vous? Quelle ardeur inquiète Parmi vos ennemis en aveugle vous jette? Que venez-vous chercher?
Britannicus.
Ce que je cherche? Ah ! dieux !
Tout ce que j'ay perdu. Madame, est en ces lieux. De mille affreux soldats Junie environnée S'est veuë en ce palais indignement traînée. Helas! de quelle horreur ses timides esprits A ce nouveau spectacle auront été surpris ! Enfin on me l'enlevé. Une loy trop severe Va séparer deux cœurs qu'assembloit leur misère. Sans doute on ne veut pas que, mêlant nos douleurs. Nous nous aidions l'un l'autre à porter nos malheurs.
Agrippine.
Il suffit. Comme vous je ressens vos injures. Mes plaintes ont déjà précède vos murmures; Mais je ne pretens pas qu'un impuissant couroux Dégage ma parole et m'acquitte envers vous. Je ne m'expiique point. Si vous vouiez m'entendre, Suivez-mov chez Pallas, où je vais vous attendre.