‹ Théâtre de Jean Racine, pubChapitre 20 sur 225 · LA THE BAI DE · texte numérisé non relu

LA THE BAI DE

Olympe.

Du haut de la muraille.

Je les ai vus déjà tous rangez en bataille. J'ai vu déjà le fer briller de toutes parts, Et pour vous avertir j'ai quitté les remparts. J'ai vu, le fer en main, Etéocle lui-même : Il marche des premiers, et, d'une ardeur extrême, Il montre aux plus hardis à braver le danger.

JOCASTE

N'en doutons plus, Olympe, ils se vont égorger.

Que l'on coure avertir et haster la princesse.

Je l'attens. Juste Ciel ! soutenez ma foiblesse.

Il faut courir, Olympe, après ces inhumains.

Il les faut séparer, ou mourir par leurs mains.

Nous voici donc, helas! à ce jour détestable

Dont la seule frayeur me rendoit misérable.

Ni prières ni pleurs ne m'ont de rien servi.

Et le couroux du sort vouloit estre assouvi.

O toy. Soleil, ô toy qui rens le jour au monde,

Que ne l'as-tu laissé dans une nuit profonde 1

A de si noirs forfaits prestes-tu tes rayons,

Et peux-tu sans horreur voir ce que nous voyons?

Mais ces monstres, helas ! ne t'épouvantent gueres,

La race de Lajus les a rendus vulgaires.

Tu peux voir sans frayeur les crimes de mes fils,

Après ceux que le père et la mère ont commis ;

Tu ne t'estonnes pas si mes fils sont perfides,

S'ils sont tous deux méchans et s'ils sont parricides;

Tu sçais qu'ils sont sortis d'un sang incestueux,

Et tu t'estonnerois s'ils estoient vertueux.

ACTL 1. SCENE II -j

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