‹ Théâtre de Jean Racine, pubChapitre 213 sur 225 · ACTE V, SCENE I · texte numérisé non relu

ACTE V, SCENE I

Avoit choisi la nuit pour cacher sa vengeance! S'il preparoit ses coups tandis que je vous vois, Et si je vous parlois pour la dernière fois ! Ah ! Prince!

Britannicus.

Vous pleurez! ah! ma chère princesse!

Et pour moy jusques-là vostre cœur s'intéresse! Quoy, Madame ! en un jour où, plein de sa grandeur, Néron croit éblouir vos yeux de sa splendeur, Dans des lieux où chacun me fuit et le révère. Aux pompes de sa cour préférer ma misère ! Quoy! dans ce même jour et dans ces mêmes lieux, Refuser un empire, et pleurer à mes yeux ! Mais, Madame, arrestez ces précieuses larmes; Mon retour va bien-tost dissiper vos allarmes. Je me rendrois suspect par un plus long séjour. Adieu, je vais, le cœur tout plein de mon amour, Au milieu des transports d'une aveugle jeunesse. Ne voir, n'entretenir que ma belle princesse. Adieu.

JUNIE

Prince...

Britannicus.

On m'attend, Madame^ il faut pariir-

JUNIE

Mais du moins attendez qu'on vous vienne avertir.

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