‹ Théâtre de Jean Racine, pubChapitre 86 sur 225 · ACTE II, SCENE V io · texte numérisé non relu

ACTE II, SCENE V io

Victorieux ou mort, mériter vostre chaîne; Et, puisque mes soupirs s'expliquoient vainement A ce cœur que la gloire occupe seulement, Je m'en vais, par l'éclat qu'une victoire donne, Attacher de si prés la gloire à ma personne Que je pourray peut-estre amener vostre cœur De l'amour de la gloire à l'amour du vainqueur.

AXIANE

Hé bien, Seigneur, allez. Taxile aura peut-estre Des sujets dans son camp plus braves que leur maistre. Je vais les exciter par un dernier effort. Après, dans vostre camp j'attendray vostre sort. Ne vous informez point de l'état de mon ame. Triomphez et vivez.

PORUS

Qu'attendez-vous, Madame?

Pourquoy dés ce moment ne puis-je pas sçavoir Si mes tristes soupirs ont pu vous émouvoir? Voulez-vous (car le sort, adorable Axiane, A ne vous plus revoir peut-estre me condamne). Voulez-vous qu'en mourant un prince infortuné Ignore à quelle gloire il estoit destiné? Parlez.

Axiane.

Que vous diray-je?

PoRus.

Ah ! divine princesse.

Si vous sentiez pour moy quelque heureuse foiblesse, Ce cœur, qui me promet tant d'estime en ce jour, Me pourroit bien encor promettre un peu d'amour. Contre tant de soupirs peut-il bien se deffendre? Peut-il...

AXIANE

Allez, Seigneur, marchez contre Alexandre. La victoire est à vous, si ce fameux vainqueur Ne se défend pas mieux contre vous c|ue mon cœur.

FIN DU SECOND ACTE

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