‹ Théâtre de Jules Lemaître. - (volume 2)Chapitre 113 sur 228 · ACTE PREMIER · texte numérisé non relu

ACTE PREMIER

MARTI ON Y

Comment pouvez-vous croire?...

YOYO

Dis-moi t tu ».

MARTIGNY

Comment peux-tu croire?...

Tu me voudrais plus sentimentale, n'est-ce pas? plus romanesque, faisant plus de phrases... Mais enlin, quand nous sommes tous deux, là-bas, dans notre chez nous... est-ce que cela t'est si douloureux?

Dame ! non.

YOYO

Tu m'aimes toujours?

MARTIGNY

Dame! oui.

Moi, je t'aime, au fond, parce que tu es un très honnête homme, — sans blague! — et que ça me change des gens que je vois. Je sens que je puis m'appuyer sur toi... Heureusement; car j'ai bien des ennuis.

MARTIGNY, sans enthousiasme.

Dites-les.

Volontiers, quoique tu n'aies pas l'air de désirer beaucoup les entendre. Et ce que je te comprends! Enfin, voici. Mon mari dépense un argent fou à ses vieilleries...

MARTIGNY

Moi aussi. 11 a toujours des surprises à me faire, des « occasions » dont il m'oblige à profiter.

C'est qu'il a du goùl pour toi; et tu avoueras que tu lui dois bien de paraître t'intéresser, de temps en temps, aux choses qui l'intéressent.

Je ne dis pas.

Donc, Robert dépense beaucoup; et, d'autre part, il tient — comme toi — à ce que je sois un peu élégante... Tu prévois la conclusion?

M \RTIGNY.

Oui.

Elle est en effet banale... Une note de couturière...

MARTI (;n Y.

Mais, ma chère amie, j'ai très peu d'argent. Montaille me ruine avec ses meubles. Vous-même, je vous ai déjà aidée...

YOYt).

Dis moi « tu ».

MARTIG.NY.

Je t'ai déjà aidée pas mal de fois. J'ai pu, jusqu'à présent, dissimuler à Chambray ce surcroît de dépenses... Mais je vous assure...

TOVO.

Dis-moi « tu s.

MARTIGNV.

Mois je t'assure que Chambray finira |)nr s'apercevoir...

Tu sais que c'est niulle, ce que tu me dis là?

MARTIGNY

Yovo !

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