ACTE PREMIER
MARTI ON Y
Comment pouvez-vous croire?...
YOYO
Dis-moi t tu ».
MARTIGNY
Comment peux-tu croire?...
Tu me voudrais plus sentimentale, n'est-ce pas? plus romanesque, faisant plus de phrases... Mais enlin, quand nous sommes tous deux, là-bas, dans notre chez nous... est-ce que cela t'est si douloureux?
Dame ! non.
YOYO
Tu m'aimes toujours?
MARTIGNY
Dame! oui.
Moi, je t'aime, au fond, parce que tu es un très honnête homme, — sans blague! — et que ça me change des gens que je vois. Je sens que je puis m'appuyer sur toi... Heureusement; car j'ai bien des ennuis.
MARTIGNY, sans enthousiasme.
Dites-les.
Volontiers, quoique tu n'aies pas l'air de désirer beaucoup les entendre. Et ce que je te comprends! Enfin, voici. Mon mari dépense un argent fou à ses vieilleries...
MARTIGNY
Moi aussi. 11 a toujours des surprises à me faire, des « occasions » dont il m'oblige à profiter.
C'est qu'il a du goùl pour toi; et tu avoueras que tu lui dois bien de paraître t'intéresser, de temps en temps, aux choses qui l'intéressent.
Je ne dis pas.
Donc, Robert dépense beaucoup; et, d'autre part, il tient — comme toi — à ce que je sois un peu élégante... Tu prévois la conclusion?
M \RTIGNY.
Oui.
Elle est en effet banale... Une note de couturière...
MARTI (;n Y.
Mais, ma chère amie, j'ai très peu d'argent. Montaille me ruine avec ses meubles. Vous-même, je vous ai déjà aidée...
YOYt).
Dis moi « tu ».
MARTIG.NY.
Je t'ai déjà aidée pas mal de fois. J'ai pu, jusqu'à présent, dissimuler à Chambray ce surcroît de dépenses... Mais je vous assure...
TOVO.
Dis-moi « tu s.
MARTIGNV.
Mois je t'assure que Chambray finira |)nr s'apercevoir...
Tu sais que c'est niulle, ce que tu me dis là?
MARTIGNY
Yovo !