‹ Théâtre de Jules Lemaître. - (volume 2)Chapitre 157 sur 228 · SCÈNE VT · texte numérisé non relu

SCÈNE VT

CFIA.MBRAY. VOYO.

YOYO

Je n'csais pas venir, monsieur. C'est papa qui m"a rassurée.

cil AMBRA Y.

Vous êtes devenue si timide ?

OIil monsieur, ne me maltraitez pas. Aidez-moi plutôt à me confesser... Je vous assure que je ne suis plus la même.

Nos amis ne peuvent qu'y perdre, chère madame.

YOYO

De grâce, monsieur, ne me parlez plus comme cela. Si, par hasard, je valais un peu mieux que vous ne pensez, ou plutôt si javais résolu de valoir mieux, serait-il charitable, serait-il digne de vous de décourager ce commencement de bonne volonté?

c H A M BU A Y.

C'est donc sérieux ?

Oui. monsieur. J'ai beaucoup soulTert depuis l'autre jour, — mon Dieu, oui, — et j'ai beaucoup rétléchi... Et d'abord je vous demande pardon du mal que j'ai fait à Jeanne. Mon excuse, c'est que je l'ai fait sans le savoir.

cil AMBRA Y.

Expliquez-moi ça.

YOVU.

Je l'aime bien. moi. la chère petite. Je n'ai jamais songé qu'elle pourrait souffrir. Sans cela!... Ce que

j'ai fait me paraissait si ordinaire, si courant, si dénué d'importance! Cola m'aurait été si égal, à moi, que mon mari...

en AMBRA Y, doucement.

Et puis, il faut vivre.

VOVO, après un petit tressaillement.

... Oui. Oh ! je comprends que j'étais un bien pauvre être. J'avais été si mal élevée par mon cher papa, et si mal mariée! L'égoïsme et la sécheresse de mon mari me faisaient le cœur si vide ! Est-il surprenant que j'aie cherché à oublier...

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