‹ Théâtre de Jules Lemaître. - (volume 2)Chapitre 179 sur 228 · SUZANNE, GEORGES · texte numérisé non relu

SUZANNE, GEORGES

SUZANNE. Elle est assise et travaille à un petit ouvrage de femme. Georges entre.

Bonsoir, mon ami... La journée a clc bonne? Tu as l)ien travaillé?

GEORGE.-^, indiirérent.

Oui.

Tu n'as pas eu d'ennuis?

GEORGES

Non.

Alors, tu es content?

GEORGES

Oui.

SUZANNE

C'est vrai que les ouvriers t'adorent?

GEORGES

Je ne suis pas méchant avec eux.

SUZANNE

Sais-tu ce qu'on a dit de toi, hier, dans une maison où j'étais en visite?

Voyons.

SUZANNE

Que tu étais un homme tout à fait supérieur, — oui, c'est comme cela qu'on a dit, — et que ton invention était une des plus belles choses, et des plus utiles, qu'on eût trouvées depuis très longtemps. Expliquela-moi, veux-tu?

GEORGES

Quoi?

Ton invention.

GEORGES

Tu ne comprendrais pas.

Si tu me l'expliquais, toi, je comprendrais peut-être.

GEORGES

Laisse donc, ce n'est pas ton affaire.

SUZANNE

On disait que ta découverte sauvait tous les ans plusieurs centaines de vies humaines.

GEORGES

C'est possible.

C'est très beau, cela ! Ah ! comme je suis fière de toi !

et comme je t'aime! (Elle l'embrasse; il s'y prête avec impatience. )Tu ne veux pas que je t'embrasse?

GEORGES

Mais si.

SUZANNE

Qu'est-ce que tu as contre moi?

GEORGES

Je n'ai rien.

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