LE ROI, WILHELMINE, MOELLNITZ
LE Rnlj se retournant.
Pourquoi, madame? L'enquête est en bonne voie. Le suicide de mademoiselle de Thalberg et le silence du garde et de sa petite-fille équivalent à un aveu...
MOELLNITZ
Assurément. Je l'ai déjà dit à Votre .Majesté, il est hors de doute que mademoiselle de Thalberg, qui avait
conservé des relations avec le parti révolutionnaire, a lâchement trahi son royal protecteur et la livré aux assassins; et la lettre et le revolver retrouvés prouvent que c'est bien Awdotia qui a frappé le prince Hermann. Enfin il me paraît évident que le garde Gotlieb était dans le secret de la conspiration, et que c'est lui qui, placé en sentinelle, a frappé le prince Otto au moment où celui-ci, ayant pu s'échapper de la maison scélérate, s'enfuyait à travers le jardin.
LE ROI, à Wilhelmine.
Est-ce aussi votre avis, madame? (wiiheimine ne répond pas.) Ainsi notre hypothèse d'un complot et d'un guetapens se confirme. Elle justifie et nous permet môme de compléter les mesures que nous avons prises contre le parti révolutionnaire. Et je songe que Dieu a ses desseins, qu'il ne nous a pas tout à fait abandonnés, et qu'il le fait assez entendre, puisque, tout en nous frappant, il nous livre les ennemis de la société et nous arme contre eux. — Préparez tout, Moellnitz, pour la séance du conseil. Et qu'on ouvre au public les portes du jardin royal.
MOELLNITZ
Cela est-il bien prudent, Sire?... Cette foule sera forcément très mêlée... La princesse (elle me pardonnera de le dire ici) a contre elle certaines préventions, trop répandues encore... et je crains...
Je veux faire l'épreuve des vrais sentiments de mon peuple... D'ailleurs, des mesures sérieuses seront prises, n'est-ce pas?... A tout à l'heure.
Moellnitz salue et sort.