‹ Théâtre de Jules Lemaître. - (volume 2)Chapitre 8 sur 228 · AV 1 L H E L M 1 N E · texte numérisé non relu

AV 1 L H E L M 1 N E

Mais très bien, Sire, très bien.

Je l'ai trouvé un peu pâle, hier, et on m"a dit ce matin qu'il n'avait pas passé une très bonne nuit.

WILHELMINE

Je ne sais où ceux qui vous l'ont dit prennent leurs renseignements. Christian est, il est vrai, un peu nei'veux, un peu impressionnable, comme le sont d'ordinaire les enfants d'une intelligence très précoce. Mais sa santé ne m'inspire aucune inquiétude sérieuse, il faut qu'on le sache.

LE ROI, tristement.

Allons! tant mieux, ma fille, tant mieux.

OTTO, à Frida qui se retrouve placée devant lui.

Eh bien! nous avons été rappelée à l'ordre?

FRIDA

J'étais dans mon tort, monseigneur.

OTTO

Avouez que vous vous fichez pas mal de l'étiquette.

FRIDA

Non. Mais je ne la possède pas encore parfaitement. J'ai été élevée comme une sauvage, moi, vous savez?

OTTO

Et je vous trouve très bien comme ça. J'ai toujours beaucoup de plaisir à vous rencontrer — mais là, beaucoup. Je vous l'ai déjà dit, nous nous entendrions parfaitement, si vous vouliez, et nous serions vite très bons amis.

FRIDA

Mais je ne pense pas que nous soyons ennemis, monseigneur.

Page 1