HERMANN, MOELLNITZ
HEBMANN.
Voici, monsieur le grand chancelier, la proclamation par laquelle le roi annonce au peuple qu'il m'a remis ses pouvoirs. Voici celle par laquelle je fais connaître au peuple mes intentions. — Un apaisement s'est produit dès qu'on a su que le roi avait dessein de me déléguer son autorité. Le peuple attend. Par toute ma conduite passée et par tout ce que j'ai laissé deviner de mes sentiments, j'ai pris envers lui une sorte d'engagement tacite ; je veux le tenir. Cette idée s'est répandue parmi les travailleurs et la petite bourgeoisie, que la solution des questions sociales dépendait d'une réforme préalable des institutions politiques. Cette vue n'est point fausse. Je vais présenter, dès demain, par votre intermédiaire, à l'Assemblée des Seigneurs deux projets de lois connexes : un projet de loi électorale et un projet de loi instituant deux Chambres, l'une héréditaire, l'auti'e nommée par un large suffrage à deux degrés, bref, im minimum de régime parlementaire. Voici ces deux projets.
MOELLNITZ
Monseigneur, j'ai l'honneur d'offrir à Votre Altesse royale ma démission et celle de mes collègues.
Je la reçois, monsieur de Moellnitz. Je choisirai dès demain un autre ministère.
MOELLNITZ
Je supplie Votre Altesse royale de ne point douter de mon dévouement, mais je suis persuadé qu'elle nous perd et qu'elle se perd elle-même.
H F. lî M \ \ \ .
Nous verrons bien.
MOELLMTZ.
Du moins, monseigneur, Votre Altesse royale se souviendra-t-elle un jour que j'ai osé l'avertir? Si ma conscience ne me permet pas de vous aider à détruire (excusez cette franchise), soyez sûr que mon dévouement restera acquis à Votre Altesse royale, quand il s'agira de réparer.
IIERMANN.
Je n'en doute pas, monsieur de Moellnitz. (Souriant.) Je sais que vous êtes de ceux qu'on retrouve toujours... (Moellnitz sort; à l'officier.) Faites entrer mademoiselle Frida de Thalberg.