‹ Théâtre de Jules Lemaitre (volume 3)Chapitre 141 sur 225 · CHAMBRAY, GERTRUDE · texte numérisé non relu

CHAMBRAY, GERTRUDE

GERTRUDE. Elle vient de servir le café sur une petite table.

Alors... vous allez bien, monsieur?

CHAMBRAY, près de la fenêtre.

On ne peut mieux.

GERTRUDE

Vous ne vous ressentez plus de rien?

CHAMBRAY

Tu es bête. Puisqu'il ne m'a pas touché !

GERTRUDE

Sans doute; mais les émotions...

CHAMBRAY

C'est moi qui l'ai piqué... là, à côté de la moustache... Je ne sais pas comment j'ai fait, par exemple. Je croyais qu'il était fort, ce gredin-là... C'est lui qui le disait...

GERTRUDE

Moi, j'en ai été malade.

CHAMBRAY

Tu es une brave fille, Gertrude... Je t'ai laissée libre de suivre ma nièce ou do rester avec moi. Tu es restée.

GERTRUDE

Je savais que c'était vous qui seriez le plus malheureux.

CHAMBRAY

Eh bien, tu te trompes, je ne suis pas malheureux du tout.

GERTRUDE

Seulement, vous n'êtes pas gai.

CHAMBRAY

Je ne suis pas triste... Tu me soignes très bien; tu me mets dans du coton... Et puis, maintenant, je fais tout ce que je veux, je suis libre, je n'ai à m'occuper que de moi... C'est très agréable... Dis donc, Gerlnid^. ma nièce n'est pas revenue?

GERTRUDE

Vous n'avez pas voulu la recevoir. Elle se lest tenu pour dit.

CHAMBRAY

Elle a bien fait.

(.ERTRUDE.

Et si elle revient?

CHAMBRAY

Je ne veux plus la voir, lu entends? jamais.

GERTRUDE

Et monsieur Martigny?

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