CHAMBRAY, GERTRUDE
GERTRUDE. Elle vient de servir le café sur une petite table.
Alors... vous allez bien, monsieur?
CHAMBRAY, près de la fenêtre.
On ne peut mieux.
GERTRUDE
Vous ne vous ressentez plus de rien?
CHAMBRAY
Tu es bête. Puisqu'il ne m'a pas touché !
GERTRUDE
Sans doute; mais les émotions...
CHAMBRAY
C'est moi qui l'ai piqué... là, à côté de la moustache... Je ne sais pas comment j'ai fait, par exemple. Je croyais qu'il était fort, ce gredin-là... C'est lui qui le disait...
GERTRUDE
Moi, j'en ai été malade.
CHAMBRAY
Tu es une brave fille, Gertrude... Je t'ai laissée libre de suivre ma nièce ou do rester avec moi. Tu es restée.
GERTRUDE
Je savais que c'était vous qui seriez le plus malheureux.
CHAMBRAY
Eh bien, tu te trompes, je ne suis pas malheureux du tout.
GERTRUDE
Seulement, vous n'êtes pas gai.
CHAMBRAY
Je ne suis pas triste... Tu me soignes très bien; tu me mets dans du coton... Et puis, maintenant, je fais tout ce que je veux, je suis libre, je n'ai à m'occuper que de moi... C'est très agréable... Dis donc, Gerlnid^. ma nièce n'est pas revenue?
GERTRUDE
Vous n'avez pas voulu la recevoir. Elle se lest tenu pour dit.
CHAMBRAY
Elle a bien fait.
(.ERTRUDE.
Et si elle revient?
CHAMBRAY
Je ne veux plus la voir, lu entends? jamais.
GERTRUDE
Et monsieur Martigny?