SCENE PREMIERE
SUZAT^'NE, GEORGES.
SUZANNE. Elle est assise et travaille à un petit ouvrage de femme. Georges entre.
Bonsoir, mon ami... La journée a été bonne? Tu as bien travaillé?
GEORGES, inaifférent.
Tu n'as pas eu d'ennuis?
GEORGES
Non.
SUZANNE
Alors, tu es content?
GEORGES
Oui.
SUZANNE
C'est vrai que les ouvriers t'adorent?
GEORGES
Je ne suis pas méchant avec eux.
SUZANNE
Sais-tu ce qu'on a dit de toi, hier, dans une maison où j'étais en visite?
GEORGES
Voyons. *-
SUZANNE
Que tu étais un homme tout à fait supérieur, — oui. J
c'est comme cela qu'on a dit, — et que ton invention j
était une des plus belles choses, et des i)lus utiles, I
qu'on eût trouvées depuis très longtemps. Explique- t.
la-moi, veux-tu? ^
GEORGES
Quoi? i
SUZANNE
Ton invention.
GEORGES
Tu ne comprendrais pas.
SUZANNE
Si tu me l'expliquais, toi, je comprendrais peut-être. 1
GEORGES
Laisse donc, ce n'est pas ton affaire.
SUZANNE
On disait que ta découverte sauvait tous les ans plusieurs centaines de vies humaines.
GEORGES
C'est possible.
SUZANNE
C'est très beau, cela ! Ah ! comme je suis fière de loi !
et comme je t'aime! (Elle l'embrasse; il s'y prête avec impa-
tionco.)Tu ne veux pas que je t'embrasse?
GEORGES
Mais si.
SUZ.VNNE.
Qu'est-ce que tu as contre moi?
GEORr.ES.
Je n'ai rien.