‹ Théâtre de Jules Lemaitre (volume 3)Chapitre 173 sur 225 · SCENE PREMIERE · texte numérisé non relu

SCENE PREMIERE

SUZAT^'NE, GEORGES.

SUZANNE. Elle est assise et travaille à un petit ouvrage de femme. Georges entre.

Bonsoir, mon ami... La journée a été bonne? Tu as bien travaillé?

GEORGES, inaifférent.

Tu n'as pas eu d'ennuis?

GEORGES

Non.

SUZANNE

Alors, tu es content?

GEORGES

Oui.

SUZANNE

C'est vrai que les ouvriers t'adorent?

GEORGES

Je ne suis pas méchant avec eux.

SUZANNE

Sais-tu ce qu'on a dit de toi, hier, dans une maison où j'étais en visite?

GEORGES

Voyons. *-

SUZANNE

Que tu étais un homme tout à fait supérieur, — oui. J

c'est comme cela qu'on a dit, — et que ton invention j

était une des plus belles choses, et des i)lus utiles, I

qu'on eût trouvées depuis très longtemps. Explique- t.

la-moi, veux-tu? ^

GEORGES

Quoi? i

SUZANNE

Ton invention.

GEORGES

Tu ne comprendrais pas.

SUZANNE

Si tu me l'expliquais, toi, je comprendrais peut-être. 1

GEORGES

Laisse donc, ce n'est pas ton affaire.

SUZANNE

On disait que ta découverte sauvait tous les ans plusieurs centaines de vies humaines.

GEORGES

C'est possible.

SUZANNE

C'est très beau, cela ! Ah ! comme je suis fière de loi !

et comme je t'aime! (Elle l'embrasse; il s'y prête avec impa-

tionco.)Tu ne veux pas que je t'embrasse?

GEORGES

Mais si.

SUZ.VNNE.

Qu'est-ce que tu as contre moi?

GEORr.ES.

Je n'ai rien.

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