‹ Théâtre de Jules Lemaitre (volume 3)Chapitre 184 sur 225 · ACTE DEUXIÈME · texte numérisé non relu

ACTE DEUXIÈME

GEORGES

Qu'est-ce qu'il ne faut pas?

THÉRÈSE

Mais...

GEORGES

Mais je vous adore, Thérèse, voilà la vérité, et ce qui m'étonne, c'est que j'aie mis tout ce temps à m'en apercevoir. Quand je prenais cet étrange plaisir à vous confesser, à vous, des choses que j'aurais voulu me cacher à moi-môme... c'est que je vous aimais... Et vous-même, Thérèse... si vous me supportiez avec cette douceur d'ange, si mes plaintes éternelles ne vous rebutaient point, si vous repreniez tous les jours votre tâche patiente de consolatrice, c'est que vous aimiez à me consoler, c'est qu'un peu de ma fièvre vous gagnait, et qu'il y a des choses qu'on n'écoute pas impunément... Ne me repoussez pas, ma chérie. Après ce que vous avez fait pour moi, ce serait trop méchant... Donnez-moi vos yeux... vos cheveux... votre bouche...

THERESE, se dégageant doucement.

Georges, vous êtes fou. (Elle se remet debout et se trouve devant la fenêtre.) Mou Dicu ! Suzanne!

THÉRÈSE

Elle ouvre la porte de la cour... Adieu, mon ami... Je sortirai par le jardin.

GEORGES

Vous ne voulez pas la voir?

THÉRÈSE

Non.

GEORGES, lui prenant les poignets.

A demain donc, Thérèse.

i LE PAHDON.

THÉRÈSE

Non.

(;K ORGES, sans la lâcher.

Je le veux... Par pitié, Thérèse!

THÉRÈSE, du ton dont elle dirait oui...

Non, non.

Elle sort.

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