GEORGES, THERESE
THERESE, entrant.
Oui, c'est moi. Ça n'a pas l'air de vous faire plaisir?
GEORGES
Vous n'avez donc pas reçu ma lettre?
THÉRÈSE
C'est parce que je l'ai reçue que me voilà.
GEORGES, inquiet.
Mais Suzanne"?
THÉRÈSE
Rassurez-vous, elle n'est pas rentrée... Mais, au reste, ce qui pourrait le mieux lui donner l'éveil, c'est la rareté de mes visites depuis six semaines. Il n'y a. donc nul inconvénient, au contraire, à ce qu'elle me trouve ici.
GEORGES
Eh bien, mon amie, voulez-vous l'attendre?... Moi, je suis obligé d'aller à l'usine (Regardant l'heure). L'heure est même déjà passée.
II va pour sortir, elle lui barre le chemin.
THÉRÈSE, ironique.
Cela est tout à fait fâcheux, mais vous m'entendrez... IV'aycz pas peur, je ne vous retiendrai pas longtemps... Seulement, voilà trois fois de suite que vous m'écrivez qu'il ne vous est pas i)ossible de vous trouver à notre rendez-vous. Oh 1 vous me donnez chaque fois les meilleures raisons du monde. Je viens vous demander si vous êtes sincère. Georges, je vous adjure de me ri ire la vérité. Je suis prête.
GEORGES
Mais, mon amie, il n'y a rien du tout. 11 y a que je ne fais pas toujours comme je veux; il y a que, n'étant libres ni l'un ni l'autre, nous sommes tenus à la plus grande prudence, et que...
THÉRÈSE
Allons, Georges, la vérité?
GEORGES
Mais je vous lai dite.
THÉRÈSE
Non.
GEORGES
Eh bien... Je ne vous aurais jamais dit cela si vous ne m'aviez pas questionné avec cet acharnement... mais Suzanne m'inquiète; voilà! Je ne sais pas ce qu'elle soupçonne ou ce qu'elle devine, mais il est évident qu'elle est très malheureuse et qu'elle passe à pleurer dans les coins tout le temps où je ne suis pas là... Et, de la voir si changée, avec sa pauvre pelilc ligure amaigrie, ses yeux creux et rougis de larmes... enfin... cela me fait pitié à la longue, et je n'étais sans doute \M\^ fnit pnnr 1.- rôle de bonrr.'.in
THÉRÈSE
C'est tout?