ACTE PREMIER
Tel mon vieux sang, à Theure où tu t'épanouis, S'éveille, et se souvient d'avoir aimé.
HÉLÈNE, touchée.
Mon père!
PRIA M
Dans ma maison, triste aujourd'hui, jadis prospère, Vivent autour de moi mes quarante-neuf brus. Elles sont belles; mais, du jour où tu parus, Hélène, tu me fus plus chère qu'elles toutes. Hélène, douce Hélène, il faut que tu m'écoutes. Dans une chambre close, au fond de mon palais. J'ai des coffres tout pleins d'anneaux, de bracelets. De plaques, de colliers et de pendants d'oreilles, Et de tissus plus fins que des ailes d'abeilles. Viens me voir un matin : je te les montrerai Pour que, dans ce trésor choisissant à ton gré. Tu sois la mieux parée, étant la plus jolie.
HÉLÈNE
Mais...
PRIAM
Dis que tu viendras; dis-le, je t'en supplie.
HÉLÈNE
Hélas! de vains joyaux mon cœur n'a plus désir. Toutefois je viendrai pour vous faire plaisir. Mais il ne faudra point qu'Hécube le soupçonne, Car je n'ai jamais pu faire souffrir personne.
PRIAM
Elle ne saura rien, n'en prends pas de souci. Mais tu viendras? Bien sûr?
HÉLÈNE
L'ai-jepas dit?
PRIAM
Merci.
HÉLÈNE
Je vous respecte trop pour ne pas vous complaire.