‹ Théâtre de Jules Lemaitre (volume 3)Chapitre 222 sur 225 · TOUS · texte numérisé non relu

TOUS

Oui, c'est Vénus qui des voûtes célestes Descend pour apaiser vos discordes funestes.

A Paris.

Que veux-tu donc, ingrat? Faire pleurer ces yeux Adorables? meurtrir ce corps délicieux?

Tacher de sang ces blondes tresses?

Ravager ta moisson, saccager ton jardin? Fêler la coupe illustre où pétille le vin De tes coutumières ivresses?

Naguère, le cou pris dans un fAcheux licol, Quand le roi Ménélas te traînait sur le sol.

Moi j'eus pitié, tète charmante, De ta grâce inhabile aux durs travaux d'Ares. Dois-tu pas, en retour, accepter mes arrêts?

Épargne, enfant, ta douce amante.

Il te déplait qu'Hélène, aux gestes obligeants, Ait été secourable et bonne à tant de gens

Dont l'amour l'assiégeait sans trêve :

Mais qu'en sais-tu d'abord? Le fait est-il prouvé? Ce qu'ils désiraient tous, peut-être ils l'ont rêvé Si fort... qu'ils crurent à leur rêve.

D'ailleurs, que resle-t-il d'un baiser ancien? Rien qu'on puisse saisir, pas même un souffle, rien Rien n'en demeure aux lèvres veuves.

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