‹ Théâtre de Jules Lemaitre (volume 3)Chapitre 24 sur 225 · ACTE DEUXIEME · texte numérisé non relu

ACTE DEUXIEME

OTTO, maussade,

Vous savez que j'y suis de trois mille louis, tout bonnement!

GRUNIG.

Continuons-nous ?

Un silence.

OTTO

Je tais trois mille louis.

Les autres joueurs : Moi cinquante. — Moi vingt. — Moi cinq, mon reste.

MAUBERT, toujours dans le fumoir, sur le devant de la scàne.

Et vous, Alvarez ?

ALVAREZ

J'hésite.

MAUBERT

Allez toujours. Il est trois heures du matin. C'est le bon moment... A moins que...

ALVAREZ

A moins que?...

MAUBERT

Ce serait drôle... J'y songe maintenant... Il me revient des détails... Il y a eu, cette fois, dans l'accueil que le baron a fait au prince, une réserve, un excès de respect... Plus de ces demi- familiarités qu'il était si fier de se permettre jadis... Visage de bois, et des yeux morts, en verre dépoli... Et voilà maintenant qu'il joue exactement comme s'il voulait gagner... Est-ce que par hasard?...

Bah ! nous verrons bien. (Entrant dans la salie du fond et pontant :) Cinq louis.

GRUNIG.

Je tiens tout.

Un silence.

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