C II A M B RAY
Yoyo... Comment findiquer?... Enfin, voilà. Les Montaille n'ont aucune fortune, cl tu n'ignores pas dé quelle façon ils vivent. C'est la vie mondaine dans toute sa futilité et toute son horreur. Une vie très coûteuse... Comment font ils? C'est inexplicable; mais le malheur est qu'on l'explique. Comment?... C'est bien simple, si simple que je n'ose pas te le répéter...
Bref, on l'explique par l'extrême gentillesse de Yoyo pour les amis de son mari et sa facilité à accepter les témoignages de leur reconnaissance, — et par l'extrême discrétion de Montaille... Comprends-tu?
JEANNE
Je crois que oui. parrain.
CHAMBRAY
Jajoute que Montaille a la réputation, premièrement d'être très fort aux armes, et secondement de brocanter des bibelots et des vieux meubles aux amis de sa femme, qui sont toujours les siens. On raconte même l'histoire de certain meuble renaissance... — oui, un cabinet florentin, fin quinzième siècle (on met les points sur les i) — qu'il aurait vendu successivement à plusieurs de ses intimes; car chacun deux le revendait, pas cher, pour s'en débarrasser, et Montaille le rachetait chaque fois, pas bien cher non plus, pour le î'.mIm......
avantageusement... Comprends-tu?
JEANNE
Oh! parrain, pourquoi me dites-vous tout cela, si vous n'êtes pas sûr? Pour moi, je n'y crois pas du tout, vous entendez? pas du tout. Mais rien que de me le figurer, cola me serre le cœur.
CHAMBRAY
Oui, tu es une bonne petite fille. Tu es de celles que l'idée seule de l'existence du mal étonne et fait pleurer... Au reste, tu as raison, je ne suis pas sûr... Mais, en tout cas, je devais t'averlir, et voilîi qui est fait. ^\ part.) Klle n'a pas compris un mot.
JEANNE, regardant au fond à droite.
Voilà monsieur de Vancuse. Il est venu à bicyclette.
CHAMBRAY
Gamin!