ACTE TROISIÈME
LA MARQUISE
Si; cl j'aime Ijeauconp, beaucoup à te le voir défendre.
LE MARQUIS
Mais c'est tout naturel.
LA MARQUISE
En effet.
LE MARQUIS
Jy suis d'autant plus porté que le pauvre homme est assez à plaindre en ce moment. Ça va mal chez lui, avec sa femme, à ce qu'il paraît. Tous les ménages ne sont pas comme le nôtre... Je ne sais pas de quel côté sont les torts. On dit que Leveau est coureur. Il est comme ils sont presque tous dans leur république de parvenus : à cinquante ans, il commence à jeter sa gourme. Il se peut aussi que sa femme n'ait pas assez de patience ou de raison... Bref, on parle de séparation, peut-être de divorce.
LA MARQUISE
Oh! cela...
LE MARQUIS
Tu ne crois pas?
Je connais madame Leveau. Elle ne voudra jamais. Et comme il faut que ce soit elle qui le demande...
LE MARQUIS
Une séparation serait déjà assez triste. Et puis, j'y songe, cela empêcherait sans doute encore le mariage de ce petit Deslignièrcs, qui est un gentil garçon.
LA MARQUISE
Rassure-toi. le mariage vient d'être décidé, et on l'annonce déjà officiellement.
LE M.VRQUI^;.
Tant mieux! Mais c'est égal, sais-tu ce que tu devrais faire? Tu as de l'influence sur Leveau : tu devrais lui parler, lui conseiller un rapprochement, des concessions... pour sa fille... enfin, essayer de raccommoder son ménage.
LA MARQUISE
Je le ferai, mon ami, je te le promets... quoique ces démarches-là soient toujours bien délicates.
LE MARQUIS
Tu es la meilleure des femmes. Et tu ne peux pas t'imaginer combien je t'aime et combien je te suis reconnaissant. Oui, reconnaissant! Tu es mon amie dévouée, ma conseillère, ma providence. Tu as éveillé en moi une activité et même des ressources d'esprit que je ne me connaissais pas. Mes succès de ces derniers temps, l'accroissement de ma situation politique, tout cela m'est venu de toi...
LA MARQUISE, à paît.
Tiens, j'ai déjà entendu ça.
LE MARQUIS, continuant.
Enfin, je suis un peu ton œuvre. . Ne dis pas non, car cela me rend bien heureux.
Il l'embrasse.