ACTE DEUXIÈME
MADAME HERBEAU.
Oui. Quelle étroitesse de point de vue! Il ne tient compte que dos faits.
C'est pourtant si peu de chose en histoii
HELENE
MADAME HERBEAU.
N'est-ce pas"? Avec une méthode pareille, pas de large compréhension, pas d'envolée. Il a l'air de marcher avec des semelles de plomb.
BARILLO.N
Tout le monde sait d'ailleurs que les chroniques de Théobald, sur lesquelles il construit tout son échafaudage, sont absolument apocryphes.
HÉLÈNE
11 n'y a que lui qui l'ignore!
MADAME HERBEAU.
J'ai été particulièrement choquée de ce qu'il dit des mœurs de Charlemagne... Il s'étend là-dessus avec une insistance!
Rigault, madame, a eu une jeunesse austère. Il prend sa revanche; il faut l'excuser. C'est l'été de la Saint- Martin d'un homme qui n'en a pas eu d'autre.
MADAME HERBEAU.
Oh ! monsieur, soyez sur que personne n'apprécie plus que moi son caractère et son talent.
HÉLÈNE
Cela se voit assez.
MADAME HERBEAU.
Et Fleur séchée. le nouveau roman de Bernier, qu'en pensez-vous, monsieur Barillon?
Mon Dieu, madame, je ne suis \)a.s très libre pour parler de Dernier. Je l'admire beaucoup ; mais il y a une telle différence entre nos deux natures d'esprit...
HÉLÈNE
Que vous ne pouvez pas le souffrir?
BARILLOX.
Je ne dis pas cela. Mais enfin, j'ai beau goûter l'ensemble de SOS ouvrages; aussitôt que j'entre dans le détail...
HÉLÈNE
Ça VOUS exaspère"?
RARILLON.
Non, mais je ne comprends pas toujours bien; et je m'en veux, car c'est sans doute ma faute.
MADAME HERBEAU.
Moi. je vous avoue que j'adore les romans de Bernier. Je trouve cela d'une subtilité! d'une puissance d'analyse! d'une psychologie!... Ah! d'une psychologie!...
BARILLUN.
Oui, beaucoup d'étalage. Vn forceps pour extraire une souris.
MADAME HERBEAU.
Mais quelle science du cœur féminin!
Qu'est-ce que c'est que ça, le cœur féminin? Il y a des femmes, et qui ont chacune un cœur, — du moins
on le dit.
Mais quelle élégance de ton ! et quelles exquises peintures des mœurs mondaines!