ACTE TROISIÈME
Rien... Tu as beau te conduire avec moi comme un goujat, tu ne me feras pas dire un mot de plus.
LEPLUCIIEUX.
Ma petite, tu me crois un peu trop naïf. Avec ça que Courbouzon se serait fendu de cinq mille francs uniquement pour tes beaux yeux.
FLIPOTE.
Alors tu crois que Courbouzon te les donnait pour les tiens, de beaux yeux?... Au fait, crois ce que tu voudras. Je me ferais hacher plutôt que de parler.
LEPLUCHEUX.
Parce que tu n'as rien à dire.
FLIPOTE.
Rien à dire? Rien à dire?... Ah ! ma foi, tant pis! Si je parle, c'est toi qui l'auras voulu. Sais-tu qui est-ce qui te les payait, tes appointements? C'était moi. Sais-tu sur quoi ils étaient pris? Sur les miens. Et voilà ma récompense!
LEPLUCHEUX, riant.
Ha ! ha ! ha ! elle est bien bonne ! En voilà une que je n'aurais pas trouvée.
FLIPOTE.
Tu ne me crois pas?
LEPLUCHEUX, pouffant.
Pff!...
FLIPOTE.
Alors je mens?
LEPLUCHEUX.
Mettons que tu blagues.
394 FLIPOTE.
FLIPOTE.
Je meus? je mens? Eh bien, va demander à Courbouzon.
LEPLUCHEUX.
Tout de suite si tu veux. Je suis bien tranquille.
FLIPOTE.
Si Courbouzon ne l'avoue pas, c'est qu'il est une canaille et quil ne voudra pas t'humilier parce qu'il croit maintenant avoir besoin de toi. Mais quand je t'affirme une chose, tu pourrais me faire l'honneur de me croire.
LEPLUCHEUX, pouffant plus fort.
Pfff!...
Entre mademoiselle Anglochère par la porte de droite.
FLIPOTE.
Ainsi tu ne me crois pas?
LEPLUCHEUX.
Pas pour un sou, ma poulette.
Tu ne me crois pas? Tu ne me crois pas? (.^percevant mademoiselle Anglochère.) Eh bien, demande à tante! Elle y était. Dis-lui la vérité, tante. Dis-lui que c'est moi qui ai supplié Courbouzon de le payer avec mon argent.
MADEMOISELLE ANGLOCHERE.
Je n'en sais rien, ma chérie.
Elle reprend son tricot.
FLIPOTE.
Tu n'en sais rien?
MADEMOISELLE ANGLOCHERE.
Rien du tout.