ACTE TROISIÈME
cliances de bonheur. J'ai senti cela dès le lendemain de mon mariage... Je lui en veux de tout. Il a une faron de pi'endre la vie et de pratiquer le devoir si tranquille, si carrée, si imperturbable, que cette assurance, cette sérénité ou cette résignation m'irritent comme une leçon perpétuelle qu'il me donnerait... Si encore il ne me déplaisait que moralement!... Non, décidément, nous nous ressemblons trop peu. Ah! que je m'ennuie!... Et l'autre? Est-ce que je l'aime? Il est certain qu'il y a enti'e nous des affinités de nature, et que son tour d'esprit me plaît infiniment. Le reste aussi. Et cependant je n'ose pas. Qu'est-ce qui m'arrête? Je ne crois à rien,— oh! mon Dieu, non! à rien. Ce que j'hésite à faire, est-ce une chose si extraordinaire? Des milliers de femmes l'ont fait, et le ciel ni la terre ne s'en sont dérangés... Oh! oui! tout plutôt que cette vie insipide! Enfin, je n'ai jamais rien eu de bon jusqu'à présent, moi! J'ai bien droit à quelques belles heures. Et comme ce n'est pas mon mari qui me les donnera...