‹ Théâtre de Jules Lemaître. -Chapitre 57 sur 273 · ACTE QUATRIÉMH · texte numérisé non relu

ACTE QUATRIÉMH

ROUSSEAU

OÙ doit se fairo la rencontre?

ANDRÉ

Tout près d'ici, dans le parc de Bréville.

ROUSSEAU

Tes témoins sont sûrs?

ANDRÉ

Absolument.

ROUSSEAU

C'est moi qui me battrai d'abord avec monsieur de Bretigny... Ne proteste pas, c'est mon droit absolu. Ni toi ni lui ne pouvez le contester; et, si tes témoins sont d'honnêtes gens, ils le reconnaîtront. Après... c'est ton afîaire.

Mais, mon pauvre Pierre, tu n'as jamais tenu un Heure t.

ROUSSEAU

Ah! si tu crois que je tiens à la vie!... Et puis, qui sait?... En tout cas, aime-moi donc assez pour me laisser mourir!

ANDRÉ

Tu m'en veux toujours ?

ROUSSEAU

Je voudrais te haïr. Car enfin, pourquoi as-tu fait cela? De quel droit? Qui t'en a prié?...

Toi aussi? toi aussi? Ah! mon pauvre vieux, si, en faisant ce que tu me reproches, je t'ai mal aimé, avoue

que, pour te répondre maintenant comme je fais, il faut que je t'aime bien!... Tu m'en veux encore?

ROUSSEAU

Est-ce que je peux?

Il l'embrasse.

MADAME DE VOVES.

Avez-vous quelque chose à dire à madame Rousseau?

ROUSSEAU

Non, rien. Je lui ai tout dit hier et elle n"a pas compris. C'est bien fini, allez.

MADAME DE VOVES.

-Mais maintenant?

ROUSSEAU

Non. Elle ne sentirait rien, ou peut-être se croiraitelle obligée de jouer quelque comédie... J'aime mieux ne pas la voir.

Il sort avec André. Hélène, cjui a fait quelques pas vers lui sans qu'il la voie, s'assied et cache sa tête dans ses mains. — Un silence

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