‹ Théâtre de Jules Lemaître. -Chapitre 59 sur 273 · ACTE QUATRIÈME · texte numérisé non relu

ACTE QUATRIÈME

brave, mais il ne sait pas se battre (Presque tendrement.), le pauvre garçon... Mon Dieu, qu'est-ce que je deviendrais, moi, s'il lui arrivait malheur!... Et c'est moi, moi qui ai fait tout cela... Ce sera à cause de moi, ce sang... Ah! ma mère, ma mère! que je suis malheureuse!... Mais dites-moi donc qu'il n'arrivera rien... Apaisez-moi, consolez-moi, puisque je suis voire fille!...

Elle va poser sa tôte sur l'épaule de mailame de Voves. MADAME DE VUVES.

Enfin, ton cœur s'ouvre... que Dieu en soit béni!...

Sais-je seulement ce qui se passe en moi?... Il est plus fort que moi, voilà tout. Plus fort parce qu'il est meilleur... Mais est-ce ma faute si je suis méchante; si je sens au plus profond de mon être je ne sais quoi qui s'insurge contre la grande misère de la vie, et qui ne peut pas, qui 7ie peut pas se résigner!...

MADAME DE VOVES.

Ne dis pas cela, ma fille. Déjà tu n'es plus ainsi, je le sens. . Ce qui était mauvais en toi ne venait pas tout entier de toi. C'était comme une fatalité héritée de souffrance et de péché, et qui aurait pu, par toi, se transmettre et se propager encore, si la volonté ferme et la droite vertu de ton frère et de ton mari n'en avaient rompu le cours... C'est par eux que Dieu nous sauve... Hélas! si je n'ai plus en ce moment à trembler pour mon fils, mon angoisse n'en est pas moindre, puisque celui dont la vie est en jeu léguerait à ma fille, s'il mourait à cause d'elle, le supplice du plus intolérable remords... Prions... Essaye du moins, toi qui as désappris... Nous saurons tout à l'heure si Dieu nous a pardonné à toutes deu.K.

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