‹ Théâtre de la foire; recueil de pièces représentées aux foires Saint-Germain et Saint-Laurent, précédé d'un essai historique sur les spectacles forains (volume 2)Chapitre 155 sur 408 · COLETTE, MATHURINE · texte numérisé non relu

COLETTE, MATHURINE

MATHURINE

Air : Je ne suis né ni roi, ni 'prince.

Qu’as- tu donc, ma clière Colette?

Tu parois chagrine, inquiète.

Eh! d’où vient cette sombre humeur?

Ne me cache rien, ma mignonne :

Découvre-moi ton petit cœur.

COLETTE

Tu ne le vois que trop, friponne.

Am : Nanette , donnez-vous ?

Qu’une fille à vingt ans, [Ms.)

Est fille avec chagrin, dans de certains instans ! Peut-on l’être toujours, quand on l’est trop longtems?

MATHURINE

Paix, ma cousine.

Air : J'offre ici 'mon savoir-faire.

Fille sage, avec constance Attend l’hymen.

LES AMOURS DE NANTERRE

COLETTE

Ah! que dis-tu?

Plus elle est fille de vertu,

Et plus elle a d’impatience.

MATHURINE

Il est vrai que cela coûte.

COLETTE

Je t’en réponds.

Air : Nanon dormoit.

Quand un amant Auprès de nous badine Trop librement,

On fait bien la mutine;

Mais, hélas ! en secret On sent [ter.) qu’on l’a fait à regret !

Imite ma franchise, cousine. Ne serois-tu pas bien aise aussi d’être mariée ?

MATHURINE

lié, mais....

COLETTE

Tu fais la sotte. Achève.

MATHURINE

Je n’en serois pas fâchée.

Tu t’imagines que c’est un grand bonheur, n’est-ce pas ?

MATHURINE

Sans doute.

COLETTE

Air : Trop de plaisir, cher Tircis.

Même en dormant un faux hymen peut plaire.

Dans un sommeil je rêvois à Yalère :

On m’éveilla: que j’en fus en colère!

Ah ! ah ! l’hymen s’alloit faire !

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