COLETTE, MATHURINE
MATHURINE
Air : Je ne suis né ni roi, ni 'prince.
Qu’as- tu donc, ma clière Colette?
Tu parois chagrine, inquiète.
Eh! d’où vient cette sombre humeur?
Ne me cache rien, ma mignonne :
Découvre-moi ton petit cœur.
COLETTE
Tu ne le vois que trop, friponne.
Am : Nanette , donnez-vous ?
Qu’une fille à vingt ans, [Ms.)
Est fille avec chagrin, dans de certains instans ! Peut-on l’être toujours, quand on l’est trop longtems?
MATHURINE
Paix, ma cousine.
Air : J'offre ici 'mon savoir-faire.
Fille sage, avec constance Attend l’hymen.
LES AMOURS DE NANTERRE
COLETTE
Ah! que dis-tu?
Plus elle est fille de vertu,
Et plus elle a d’impatience.
MATHURINE
Il est vrai que cela coûte.
COLETTE
Je t’en réponds.
Air : Nanon dormoit.
Quand un amant Auprès de nous badine Trop librement,
On fait bien la mutine;
Mais, hélas ! en secret On sent [ter.) qu’on l’a fait à regret !
Imite ma franchise, cousine. Ne serois-tu pas bien aise aussi d’être mariée ?
MATHURINE
lié, mais....
COLETTE
Tu fais la sotte. Achève.
MATHURINE
Je n’en serois pas fâchée.
Tu t’imagines que c’est un grand bonheur, n’est-ce pas ?
MATHURINE
Sans doute.
COLETTE
Air : Trop de plaisir, cher Tircis.
Même en dormant un faux hymen peut plaire.
Dans un sommeil je rêvois à Yalère :
On m’éveilla: que j’en fus en colère!
Ah ! ah ! l’hymen s’alloit faire !