‹ Théâtre de la foire; recueil de pièces représentées aux foires Saint-Germain et Saint-Laurent, précédé d'un essai historique sur les spectacles forains (volume 2)Chapitre 157 sur 408 · SCÈNE II · texte numérisé non relu

SCÈNE II

MATHURINE, Mmo THOMAS.

MATHURINE

Bonjour, ma tante.

LES AMOURS DE NANTERRE

MADAME THOMAS, d’un air chagrin.

Bo-njour, ma nièce.

MATHURINE

Air : Le beau berger Tircis.

D’où vient ce sérieux,

Cet air triste et sauvage?

Tout vous rit dans ces beaux lieux;

Au plaisir tout vous engage.

MADAME THOMAS

Que l’état de veuvage,

Me paroît ennuyeux!

MATHURINE

Arous ne pleurez pas votre mari, peut-être?

Am : Quand le plaisir est agréable.

Un vieil époux sombre et sévère,

N’est regretté que faiblement :

L’époux même le plus charmant,

Quelquefois ne l’est guère.

MADAME THOMAS

Ah! ma chère nièce, tel que fut mon pauvre mari, il m’étoit d’un grand secours !

Air : Je ne suis né ni roi, ni prince.

Que de soins mon état renferme !

Une grande fille, une ferme ;

Toujours des procès sur les bras;

Tantôt acheter, tantôt vendre.

Sans mon pauvre valet Lucas,

Saurois-je par quel bout m’y prendre?

Oui. Ce garçon-là fait toute ma consolation.

MATHURINE

Oh ! pour cela, il a bien du mérite !

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