‹ Théâtre de la foire; recueil de pièces représentées aux foires Saint-Germain et Saint-Laurent, précédé d'un essai historique sur les spectacles forains (volume 2)Chapitre 163 sur 408 · SCÈNE Vf · texte numérisé non relu

SCÈNE Vf

VALÈRE

Hélas !

De moi puis-je être maître,

Quand je vois tant d’appas?

Un baiser, ma chère Colette.

Air : Ma raison s’en va beau train.

Un doux baiser seulement.

COLETTE, le repoussant.

Ali ! Yalère, doucement.

YALÈRE.

Ma reine, quel tort?....

COLETTE

Calmez ce transport :

Votre ardeur est trop grande.

C’est à Paris qu’on prend d’abord ;

Au village on demande,

Lonla,

Au village on demande.

YALÈRE.

Je vous le demande aussi. Allons, ne faites donc point la villageoise. Un peu moins de sévérité.

COLETTE

Air : Je suis Madelon Friquet.

Vous allez bien vite au fait;

Connoissez un peu mieux Colette,

Vous allez bien vite au fait.

Quittez ce trop libre caquet;

Vous en seriez mal satisfait.

Je pourrois de ma main blancliette Je vous le dis franc et net....

VALÈRE

Oh! Je vais m’exposer à tout, (il veut la baiser, elle lu donne un soufflet.)

LES AMOURS DE NANTERRE

COLETTE

Je prendrai mon sérieux.

VALÈRE

Vous vous fâchez! Gela ne vous convient pas : un air enjoué vous sied mieux.

COLETTE

Air : Sois complaisant, affable, débonnaire.

Mon enjoûment Vous donne un faux présage :

D’un tendre amant J’aime fort le langage ;

Mais,

Avant notre mariage,

Rengainez tous vos souhaits.

VALÈRE

Mais je ne vous demandois que les arrhes du marché.

COLETTE

Plus on donne de gages pour ce marché-là, et moins il tient.

VALÈRE

Franchement, votre vertu sent le village.

COLETTE

Je suis là-dessus paysanne et demie.

VALÈRE

Ah! belle Colette, connoissez mieux Valère à votre tour.

Air : Je me plaignois d'une inhumaine.

Votre sévérité m’enchante,

Bien loin de me rendre confus.

Plus la faveur paroît charmante,

Et plus j’en aime le refus.

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