SCENE VIII
Avec vous il veut faire Son raccommodement.
MADAME THOMAS
Ah! Il veut se raccommoder tout de bon?
LE MAGISTER
Tout de bon.
Air précédent.
Répondez, je vous prie,
Madame, à son envie.
Eli bien, soit. J’y consens.
LE MAGISTER
Ma foi, c’est un bon diable.
MADAME THOMAS
Puisqu’il est raisonnable,
C’est'assez. Je me rends.
LE MAGISTER, au procureur fiscal.
Monsieur Griffart, vous l'entendez. Madame Thomas est un bon petit cœur de femme. Allons, embrassez vous.
MONSIEUR GRIFFART, après avoir salué Mme Thomas, lui présente la main en disant :
Air : La ceinture.
Oublions tous deux le passé;
Vivons en bonne intelligence.
MADAME THOMAS
De mon cœur tout est effacé.
(L’embrassan t.)
Voilà quelle en est l’assurance.
Malgré mon courroux, monsieur Griffart, je n’ai pas cessé de vous estimer.
LE MAGISTER
J’en suis témoin.
LES AMOURS DE NANTERRE
MONSIEUR GRIFFART
Quoique prévenu contre vous, madame Thomas, je vous ai toujours regardée comme une femme démérité.
LE MAGISTER
Pour cela, oui.
MADAME THOMAS
Quand j’ai rencontré des gens qui vouloient atlaquer votre probité, je vous ai toujours rendu justice.
LE MAGISTER
Elle est généreuse.
MONSIEUR GRIFFART
Quand je me suis trouvé *avec des médisans qui vouloient me rendre votre vertu suspecte, oh! je leur ai bien dit ce que j’en pensois!
LE MAGISTER
Il est charitable, monsieur le procureur fiscal. Jarnicoton! Je ne me sens pas d’aise d’avoir rapatrié deux esprits d’un si bon caractère. Que je vous embrasse.
(Il les embrasse.)
Air : Je reviendrai demain au soir.
Que cette paix, mes chers enfans,
Puisse durer longtems. (bis.)
Maudit le festin malheureux
Qui vous brouilla tous deux, (bis.)
MADAME THOMAS
Il est vrai que ce jour-là monsieur le procureur fiscal n’étoit pas de bonne humeur.
MONSIEUR GRIFFART
De bonne humeur 1 Oh! pardi, c’est vous qui prîtes un travers.
MADAME THOMAS
Un travers! Moi, prendre un travers! Oh! j’ai trop