‹ Théâtre de la foire; recueil de pièces représentées aux foires Saint-Germain et Saint-Laurent, précédé d'un essai historique sur les spectacles forains (volume 2)Chapitre 17 sur 408 · UNE DES FEMMES · texte numérisé non relu

UNE DES FEMMES

Nous ressemblons aux pucelles

Qui jadis couroient les champs ;

Toujours compagnes fidelles

De nos Chevaliers errans,

Comme ces belles ;

• Mais nous passons notre temps

Beaucoup mieux quelles.

Après la danse, les trois Voleurs qui ont volé Arlequin dressent une table, sur laquelle ils tendent des peaux. Ils mettent ensuite des provisions dessus. On voit au milieu de la table le tonneau sur le piédestal. 11 est posé de manière qu’on juge bien qu’il n’y a presque plus rien dedans. Ils se mettent tous à table, et ils obligent Arlequin à s’asseoir auprès d’eux, ce qu’il fait volontiers. Ils boivent tous dans des cruches et des gobelets de terre, qu’ils tendent sous le robinet du tonneau. Arlequin, après avoir bu quelques coups, veut cajoler une des femmes qui est auprès de lui ; mais le cul-de-jatte lui présente le bout de son pistolet, et lui fait faire la culbute. Le repas fini, ils se lèvent de table, replient leurs peaux, et les remettent dans la charrette, avec les bancs de la table. Pour le tonneau, comme il est vide, ils le jettent par terre, et l’y laissent. Puis la charrette part, et il ne reste plus sur la scène qu’ Arlequin avec les trois premiers Voleurs. Ils veulent décider de son sort, ce qu’ils font connoître par ce couplet :

ARLEQUIN, ROI DE SERENDIB

Air : Grimaudin.

Page 1