‹ Théâtre de la foire; recueil de pièces représentées aux foires Saint-Germain et Saint-Laurent, précédé d'un essai historique sur les spectacles forains (volume 2)Chapitre 171 sur 408 · SCÈNE XII · texte numérisé non relu

SCÈNE XII

Ara : Quand ma mère êtoit jeunette.

Oui, je prétends satisfaire Ma nouvelle flamme ;

De Lucas, malgré ma mère,

Je veux être femme.

Si l’on ne m’ donn1 ce garçon-là,

On verra tout ce qu’on verra.

J’en ferai la folie,

Ma mie,

J’en ferai la folie.

LUCAS, paroît ot chante.

Air : Vous avez raison , La Liante.

Vous avez raison, La Plante,

Il est bon sur ce ton-là ,

Larirâ.

COLETTE, feignant d’ôtre surprise, pousse un grand cri.

Ah !

LUCAS

Oh, oh! vous m’aimez donc, mademoiselle Colette? Eh ! vous n’en sonniez mot.

COLETTE

Air : Un petit moment plus tard.

Mais qui t’a donc mis dans l’esprit,

Que Colette t’aime?

Puis-je savoir qui te l’a dit?

LUCAS

Parguié, c’est vous-même.

Vous disiez présentement....

COLETTE

Quoi! tu m’as entendue?

LUCAS

Que vous m’aimiez tendrement.

LES AMOURS DE NANTERRE

COLETTE

Je suis, je suis perdue!

LUCAS

Le grand malheur !

COLETTE

Assurément, c’en est un ; car tu l’iras peut-être dire à ma mère.

LUCAS

Nennin, nènnin, je ne li dirai pas. Al’ ne sait morgué pas tout ce que je fais. Après tout, quand al’ le sauroit, est-ce qu’ai me rabattroit ça sur mes gages?

Tu la connois. Elle feroit un beau vacarme .

LUCAS

Hé! palsangué, qui s’en soucie? Acoutez, mademoiselle Colette. Il gn’y a qu’un mot qui sarve. Si vous v’iez je l’enverrai au barniquet.

MATHURINE

C’est parler net.

COLETTE

Air : La ceinture.

Quoi, Lucas, tu voudrois pour moi,

Renoncer au cœur de ma mère ?

LUCAS

J’aime mieux être, par ma foi,

Son gendre, que votre biau-père.

MATHURINE, à Colette.

Te voilà ravie, ma cousine.

LUCAS

Air : Talalerire.

Ah! j’ai le cœur chaud comme braise, Charmante Colette, pour vous!

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