‹ Théâtre de la foire; recueil de pièces représentées aux foires Saint-Germain et Saint-Laurent, précédé d'un essai historique sur les spectacles forains (volume 2)Chapitre 184 sur 408 · I.E JEUNE CHÊNE · texte numérisé non relu

I.E JEUNE CHÊNE

Est-ce que cela n’est pas vrai?

PREMIER CHÊNE

Pardonnez-moi; mais un oracle qui sait son métier doit couvrir par une honnête amphibologie des vérités trop odieuses.

DEUXIÈME CHÊNE

Vous mériteriez bien que le maître-clerc vînt vous abattre pour servir de mai à la Bazoche(l).

LE JEUNE CHÊNE

Mais....

PREMIER CHÊNE

Mais, mais, vous êtes un sot. 11 i’audroit vous élaguer la langue. Retirez-vous dans ce coin-là, et écoutez pour apprendre.

(Le jeune chêne sc retire à eùtc. Le premier continue do parler au second.)

J'ai le cœur serré, mon compère, de nous voir presque entièrement abandonnés. Ah ! les hommes d’aujourd’hui ne s’attachent plus qu’à l’écorce du bonheur ! Iis ne prennent plus conseil que d’eux-mêmes.

(1) Le 1er mai était jadis, dans beaucoup de villages, un jour férié. Les paysans avaient la coutume de planter un arbre qu’on appelait le mai. 11 y eut même des contrées ou cct usage devint une obligation féodale. A Paris, diverses corporations,' entre autres celle des orfèvres, offraient un mai à Notre-Dame; et les Bazochiens, ou clercs de la Bazocho, plantaient chaque année un arbre dans la cour du Palais; c’cst pourquoi cette cour avait aussi reçu le nom de cour du Mai.

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