SCÈNE III
PIERROT
Air : Petit boudrillon.
Sur les bords de la Seine,
Vous venez en frelon,
Boudrillon,
Faire à quelque inhumaine
Sentir votre aiguillon, Boudrillon,
Petit boudrillon,*
Boudrillon, dondaine,
Petit boudrillon,
Boudrillon, dondon.
l’amour.
Air : Ho! ho! Ha! ha! Pt pourquoi donc
J’aurois beau le vouloir,
Mon cher Pierrot, hélas !
Je n’ai plus de pouvoir !
Tire-moi d’embarras.
PIERROT
Hol hol Hal ha!
Et pourquoi donc? Gomment cela?
l’amour.
Air : Le rémouleur ;
Repuis qu’à coups de flèche* Aux cœurs je fais brèche,
Mes traits lancés Se sont émoussés ; jpar toi qu’ils soient repassés»
Gentil rémouleur,
Reçois cet honneur.
PIERROT
J’y consens de bon coeur:
Je remoudrai,
J’aiguiserai ;
32G LE H EMOU LEUR D’AMOUU,
Pour vous 111a meule tourne, Tourne, retourne.
Vous avez fort bien rencontré.
l’amour.
Air : Comme un coucou que V amour presse. Allons, sans tarder davantage,
Je te conduis dans mon palais.
Là, je t’instruirai de l’usage,
Que je veux faire de mes traits.
(L’Amour embrasse Pierrot, et l’enlcve.) PIERROT, en partant, fredonne l’air :
Suivons V Amour, c’est lui qui nous mène.
Le théâtre chftnge eil cet endroit, et représente les jardins de Cythère dans les ailes, avec une mer dans le fond. Il paroit une barque remplie de pèlerins et de pèlerines de Cythère, conduite par deux Amours. Les pèlerins vont débarquer dans les coulisses. Pendant ce tems-là, l’orchestre joue une musette pour l’arrivée, et pour la marche des pèlerins qui suit le débarquement.