CLICI.1NIA, sans apercevoir M. Desbroulillcs
Mes enfans, promenons-nous sur le rivage pour nous dégourdir les jambes après une longue navigation.
M. DBSBROUTII.LES.
Serviteur à l’illustre Clidinia.
CLICLINIA.
Eh! voilà notre ami le signor Desbroutilles. Qui se seroit attendu à le trouver ici !
(Ils s’embrassent.)
M. DESBROUTILLES.
Air : La bonne aventure.
Dans cette île votre abord M’est d’un bon augure.
Par quel caprice du sort Vous trouvez-vous dans ce port?
Par quelle aventure, ô gué,
Par quelle aventure ?
LES COMÉDIENS CORSAIRES
CLICLINIA.
Par une aventure qui tient du prodige. La voici. Notre troupe alloiten Angleterre chercher des guinées; les vents nous ont jetés dans la Méditerranée, où nous avons rencontré un corsaire algérien, qui nous a forcés d’aller rendre visite au Bacha.
M. DESBROUTILLES.
Air : A la façon de Barbari.
Par quel secours vous êtes-vous Délivrés d’esclavage?
CLICLINIA.
Mon cher, nous ne devons qu’à nous Un si grand avantage.
Le Bacha, pour toute rançon,
La faridondaine, la faridondon,
N’a voulu qu’être diverti Biribi,
A la façon de Barbari,
Mon ami.
M. DESBROUTILLES.
C’est-à-dire qu’il a voulu voir une de vos pièces?
SCARAMOUCHE
Si signor. Nous l’avons régalé d’oune capilotade de théâtre composée d’oun acte dans le goût italien, d’oun autre dans le goût françois, et enfin d’oun petit morceau d’opéra comique.
M. DESBROUTILLES.
Malepeste! Vous lui avez donc donné une pièce comico-tragico-lyrique ? Le Bacha sans doute en a été content (1).
(1) Tout ce passage fut écrit p ur critiquer les Comédiens esclaves, pièce qui avait été jouée le 10 août précédent sur le Théâtre-Italien. Dans cette pièce, une troupe de comédiens, jetés par l’orage sur les côtes du Maroc, ne savent comment faire pour