‹ Théâtre de la foire; recueil de pièces représentées aux foires Saint-Germain et Saint-Laurent, précédé d'un essai historique sur les spectacles forains (volume 2)Chapitre 236 sur 408 · SCENE VI · texte numérisé non relu

SCENE VI

GLIGLINIA .

Et moi, je retiens ce ballot de parodies d’opéras. Gela appartient de droit aux comédiens-italiens.

PIERROT, déclamant deux vers parodiés de Phèdre (1).

Leur appartient de droit! Dieux ! qui les connoissez, Sont-ce leurs belles voix que vous récompensez?

M. DESBROUTILLES.

Oli! oli! Qu’est-ce que ceci? L'Obstacle favorable , pièce d’intrigue en un acte.... Voilà encore pour nous.. .. Voyons celle-ci : Les Amours déguisés, pièce....

CLICLINlA.

Ali! c’est une parodie. Donnez-la moi.

PIERROT

Non, non, ce n’est pas une parodie. Le titre vous a trompée.

M. DESBROUTILLES.

Croyez-moi, s ignora. Ne nous contentons point de prendre les pièces de l’Opéra-Comique, il faut tout à l’heure obliger nos captifs à en représenter quelquesunes devant nous, afin que nous puissions attraper leur goût; car, diable! la sauce vaut encore mieux que le poisson.

PIERROT

Comment, jarnonbille ! ce n’est donc point assez de nous voler nos marchandises, vous voulez que nous vous apprenions à les débiter !

M. DESBROUTILLES.

Il le faut. Nous ne vous laisserons la vie qu à ce prix-là.

(1) Dieux, qui la connoissez,

Est-ce donc sa vertu que vous récompensez?

(Acte fl, scène VI.)

LES COMÉDIENS CORSAIRES

PIERROT

Mais nous ne sommes pas à présent en humeur de....

CLICLINIA, lui mettant un pistolet sur la gorge.

Oh! parbleu! En humeur ou non, faites ce qu’on vous dit, ou je vous brûle la cervelle.

PIERROT

Air : Je ne suis né ni roi ni prince.

Je ne fais plus de résistance;

Je cède à votre violence.

Nous allons jouer devant vous,

Seulement pour vous satisfaire ;

Car vous joûrez tout comme nous,

En jouant à votre ordinaire.

M. DESBROUTILLES.

Commencez par V Obstacle favorable.... (a. ses camarades.) Mes amis, pendant qu’ils vont s?y préparer, réjouissonsnous de leur ruine, et célébrons notre victoire*

(On danse.)

Y AUDE VILLE

AIR : De monsieur V Abbé.

Premier couplet.

Pourquoi tant de soins se donnef Pour procurer son avantage ?

Lorsque l’on permet le pillage,

Pourquoi s’amuser à gagner?

Il est bien plus court de se faire Un franc corsaire.

Second couplet.

En finance, c’est une erreur Que d’être scrupuleux à prendre;

La fortune fuit l’âme tendre,

Et, pour obtenir sa faveur,

Il est bien plus edurt de se faire Un franc corsaire.

Page 1