SCÈNE XI
Pétrit, fait la cuisine,
Et met la pâte au four,
Mon gros Thomas N’est jamais las ;
Il va son train Soir et matin.
ARLEQUIN
Oh! diable! madame Farinette, c’est un trésor que ce mitron-là ! Vous ne pouvez avoir trop de reconnoissance pour un si bon ouvrier.
FARINETTE
Aussi en ai-je, et de la plus fine encore. Je le traite à bouche que veux-tu. Il est chez moi à même de tout.
ARLEQUIN
Mais s’il prenoit envie à quelque boulangère de vous souffler l’infatigable Thomas, quediroit à cela votre reconnoissance?
FARINETTE
Oh! je l’étranglerais, la chienne !
ARLEQUIN
Sans doute à cause du prolit qu’il vous fait dans votre
boutique ?
FARINETTE
Non, ce n’est point Tintérêt qui me mène.
Air : Je n’saurois ,
J’aimerois mieux aller nue,
Et coucher même sans draps, .
Que de bons écus cousue Et vivre sans Thomas.
Je n’saurois
Perdre ce garçon de vue ;
J’en mourrois.
LES AMOURS DÉGUISÉS
ARLEQUIN
Oui-dà ! Eli bien, madame Farinette, donnez-vous la peine de vous rendre au camp. Votre reconnoissanee est d’une pâte à devoir être enfournée dans les registres de Cytlière.
FARINETTE
J'y vais ; mais nous verrons beau jeu.