SCÈNE XII
ARLEQUIN
Seroit-il possible, en effet,
Que vous n’eussiez point d’autres cornes Que celles de votre bonnet ?
M. PIÉ-DE-MOUCHE
C’est de quoi je puis me flatter. Entre nous, je ne connois point à madame Pié-de-Mouclie d’autre passion, après l’amour qu’elle a pour moi, que la haine qu’elle porte à mon maître-clerc.
ARLEQUIN
Comment ? Elle hait votre maître-clerc !
M. PIÉ-DE-MOUCHE
Am : Robin , turelure, lure .
Toujours après ce garçon,
Elle tempête, elle jure ;
Le tourmente sans raison.
ARLEQUIN
Turelure.
M. PlÉ-DE-MOUCHE.
Il souffre tout sans murmure.
ARLEQUIN
Robin, turelure, iure.
M. PIÉ-DE-MOUCHE
J’ai beau la prier de le laisser en repos, elle le persécute sans cesse. C’est une femme insupportable làdessus.
Air : A hi ! ahi ! ahi ! Jeannette .
Je n’ai pu jusqu’aujourd’hui En réformer les manières.
Elle a, par rapport à lui,
Chassé quatre cuisinières.
LES AMOURS DÉGUISÉS
ARLEQUIN
Alii ! ahi ! ahi !
M. PIÉ-DE-MOUCHE
Qui n’étoient point fïères.
ARLEQUIN
Jean Gille, ahi ! alii ! ahi !
Parbleu ! il faut que madame Pié-de-Mouclie ait bien de l’aversion pour ce clerc-là.
M. PIÉ-DE-MOUCHE
Gela n’est pas concevable. J’ai voulu, plus d’une fois, par considération pour ma femme, me défaire de lui ; mais elle s’y est toujours opposée, en me disant : Non, mon ami, je ne veux point absolument que pour l’amour de moi, vous chassiez un homme qui fait bien vos affaires. Je sacrifie ma haine à votre utilité.
ARLEQUIN
Vous avez là une femme de tête, monsieur Pié-de^ Mouche.
M. PIÉ-DE-MOÜCHE.
Je vous en réponds. Elle est d’une politique... CPoi- -riez-vous que* malgré l’aversion qu’elle a pour ce clerô, elle lui sert ce qu’il y a de meilleur sur la table?
ARLEQUIN
Ah ! quelle haine !
M. PIÉ-DE-MOÜCHE.
Après cela qu’on vienne me dire que les Amours sont bien fondés dans la sommation qu’ils ont faite à ma femme.
ARLEQUIN
Ils ont mal expliqué son aversion.
M. PIÉ-DE-MOUCHE
Oh ! je letlr montrerai bien leur bec jaune, à ces pe^