SCÈNE XIV
COLETTE
Vous me verrez toujours la même.
Si vous voulez que je vous aime D’amitié, je vous en réponds ;
Mais de l’amour, non, non.
y LÉ ANDRE.
Ah ! c’en est trop, cruelle ! Vous me poussez à bout. Eli bien...
Air : Vous me l’avez dit , souvenez-vous-en.
Votre ordre est exécuté :
Je reprends ma liberté.
Je ne suis, dans ce moment,
Puisqu’il ne faut plus être votre amant,
Je ne suis, dans ce moment,
Que votre ami seulement.
COLETTE
J’en suis ravie.
LÉ ANDRE
Non, que votre ami, au pied de la lettre.
COLETTE
A la bonne heure.
LEANDRE, avec agitation.
J’ai déjà gagné sur moi de n’avoir pour vous qu’une simple, qu’une tranquille amitié.
COLETTE
C’est fort bien fait.
LÉ ANDRE
Je ferai encore mieux. Je vais porter à une autre la tendresse que j’avois pour vous.
A vous permis.
COLETTE
LES AMOURS DÉGUISÉS
LÉ AN DRE
Air : Nanon dormoit sur la verte fougère.
De mon amour Vous triomphez, Colette,
Et, dès ce jour,
De la jeune Lisette Je deviendrai l’amant.
COLETTE, saisie.
J’en ai... j’en ai... j’en ai... bien du plaisir, vraiment.
LÉANDRE
Adieu. Je vais chercher mes nouvelles amours.
(Il fait trois ou quatre pas, comme pour s’en aller.)
COLETTE
Bon voyage... (Elle rôvo un moment et rappelle Léandrc.) Mais, attendez, Léandre, attendez.